Le mois de mars n’est pas seulement une période que l’on marque sur un calendrier. À Goma, il se vit, il se ressent. C’est un moment où les voix des femmes prennent plus de place, où les réalités longtemps ignorées trouvent enfin un espace pour être entendues. Si le 8 mars en est le symbole, l’engagement, lui, ne s’arrête pas en un jour. Il continue, porté par des actions concrètes et des femmes qui refusent d’être invisibles.
C’est dans cet esprit que l’Observatoire pour la Défense des Droits des Personnes Handicapées (ODDPH), en collaboration avec les organisations impliquées dans les activités du mois de mars, sous la coordination du sous-cluster VBG AoR, avec le leadership de UNFPA et de SOFEPADI, a organisé une activité de sensibilisation à Mugunga.À Goma, où la guerre et l’insécurité fragilisent davantage les communautés, être une femme est déjà un défi. Être une femme en situation de handicap en est un autre. Entre stigmatisation, manque d’opportunités et exclusion, beaucoup vivent dans le silence, avec des rêves souvent mis de côté. Pourtant, derrière ce silence, il y a une force, une envie de vivre dignement et de participer pleinement à la société.
Malgré les engagements pris à différents niveaux pour promouvoir l’égalité, la réalité reste dure. L’accès aux ressources économiques est limité, les opportunités restent rares, et les espaces de décision ne sont pas toujours ouverts à toutes. Les femmes et filles handicapées, en particulier, se retrouvent à la croisée de plusieurs formes d’injustices.

Dans ce contexte, le thème provincial de cette année, centré sur le renforcement des droits, de la justice et de l’autonomisation des femmes et filles, prend tout son sens. Il ne s’agit plus seulement de discours, mais d’un appel à agir autrement, à inclure réellement celles qui sont laissées de côté.
À Mugunga, cette volonté s’est traduite en action. L’activité de sensibilisation a réuni 80 femmes et filles handicapées. Mais ce chiffre ne raconte qu’une partie de l’histoire. Ce jour-là, il y avait des regards attentifs, des silences chargés d’émotion, des paroles timides mais sincères. Il y avait surtout une envie commune : être reconnues, être entendues, exister pleinement. Certaines participantes ont partagé les obstacles qu’elles rencontrent au quotidien. D’autres ont parlé de leurs ambitions, de leur volonté de changer leur vie si elles en avaient les moyens. Ces échanges ont rappelé que l’autonomisation n’est pas un luxe, mais une nécessité
Comme l’a si bien souligné Madame Inès de SOFEPADI : « L’autonomisation des femmes, surtout celles en situation de handicap, est une condition essentielle pour construire une paix durable et une société équitable.
Dans le même élan, Madame Monique de l’ODDPH a insisté sur l’importance de ne laisser personne de côté : « Parler d’inclusion, c’est agir concrètement pour que chaque femme, quelle que soit sa situation, ait une place, une voix et des opportunités réelles dans la société. »
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Ces mots résonnent profondément avec ce qui a été vécu sur le terrain. Car au-delà de la sensibilisation, cette activité a été un moment de dignité retrouvée, un espace où chacune pouvait se sentir importante. En ce mois de mars dédié à la femme, une évidence s’impose : l’égalité ne sera réelle que lorsque toutes les femmes, sans exception, auront accès aux mêmes chances.

Construire une société juste à Goma passe par l’inclusion des femmes et filles handicapées. Ce n’est pas seulement une responsabilité institutionnelle, c’est un engagement collectif. Le mois de mars continue. Et avec lui, l’espoir, la lutte et la détermination de ne laisser aucune femme derrière.



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